Archive de la catégorie «Je ne râle pas, je m'exprime.»

Quel goût a votre vie?

4 octobre 2009

photo_3206966Mercredi, je devais rejoindre Lulu pour faire des photos dans le centre-ville. Au niveau des escalators, un homme d’une quarantaine d’années me fait un sourire, désigne mon sac et me dit : “Vous faites de la photo? J’ai reconnu l’étui.” Un acquiescement plus tard, il me précise que lui aussi fait de la photo, mais qu’à Toulouse, même avec le meilleur matériel, le plus grand professionnel ne ferait que de la merde. Que cette ville est pourrie de toute manière. Que lui, il a fait le tour du monde, il parle cinq langues et que quand il était allé ici  il croyait que c’était le Las Vegas français, mais que non, du tout, Toulouse c’est de la merde, que je ne peux pas le voir parce que j’ai la naïveté des gens de 20 ans, que les gens sont malpolis, que lui, s’il me permet l’expression un peu osée, il leur pisse à l’arrêt. Autres joyeusetés plus tard, il me demande dans quelle école de photographie je suis. Peu portée sur ce genre de choses (et même si je l’étais, le porte-monnaie ne serait pas à la hauteur donc bon hein…), je lui réponds que je fais de la photo en autodidacte. Alors vous faites quoi comme études, me dit-il. Commerce. ”Ah mais je connais les grandes écoles de Toulouse, Supaero, etc…

Je l’ai laissé parler. Oui, quand on connaît ma grande gueule, ça fait hausser les sourcils mais si je me lançais sur le sujet on allait droit au débat stérile de deux heures… 

En dix minutes et cinq phrases, ce charmant monsieur m’a exposé les grandes lignes de sa vie. A satisfait son orgueil en énumérant ses domaines de compétences, les pays qu’il avait visités et les relations qu’il avait. En un minimum de phrases, il a résumé le maximum de son univers.

Monsieur, j’espère ne jamais tenir un discours similaire au vôtre. Une personne me semble bien plus intéressante quand elle ne se dévoile pas entièrement à la première entrevue. Monsieur, j’espère ne jamais avoir votre vision des gens et du monde. Quel intérêt a votre vie alors? Monsieur, j’espère ne jamais poser le même regard blasé sur le monde, de celui qui a tout vu, tout fait et tout vécu et qui ne prête plus attention à rien. Je préfère mille fois mon “regard naïf des gens de 20 ans” au vôtre et m’émerveiller d’un rien, m’intéresser à plein de choses et avoir tous les jours un regard nouveau sur les choses.

Je vous poserai juste une question : quel goût a vôtre vie?

C’est drôle les cons, ça repose…

19 juillet 2009

Sans titre-Numérisation-04J’ai eu mon DUT. Pour fêter ça, j’avais décidé de me faire un petit cadal, histoire de marquer le coup. Comme de par hasard, j’avais déjà une idée en tête…

Comme je l’ai dit dans un autre post, je rêvais d’une veste militaire avec un drapeau allemand sur l’épaule depuis pas mal de temps, une comme celle du Combat Ordinaire. Un brin de fétichisme, un chouilla d’esthétique et un poil de provoc’. La veste de mes rêves. Sauf que, problème, introuvable… Et puis un jour où je flânais dans une friperie, je suis tombée dessus. En possession de cette pure merveille de l’industrie textile, je m’attendais à avoir de temps à autre des réflexions. Le premier exemple, quand je l’ai mise au taff, Sid qui me demande pourquoi de porte une veste nazie. Petit cours d’histoire mon ami : l’uniforme nazi était vert de gris et ne portait pas de drapeau allemand. Ben oui je me suis renseignée avant, la propagande fasciste c’est pas trop mon truc…

Le deuxième exemple date d’hier matin. Lendemain d’une petite soirée, je me promène dans les rues pour profiter d’un petit moment de solitude. Dans la rue du Taur, je passe devant un gars qui me fait un drôle de sourire. Du genre ceux qui te mettent mal à l’aise. Et je vois ce con qui exécute le salut nazi et beugle “heil hitler!” devant moi. Charmant. Je continue mon chemin quand non, je tourne les talons et m’approche de lui. Et, d’une voix très calme… 

“Quelle belle preuve d’ouverture d’esprit, assimiler l’Allemagne au nazisme…”

Et de lui administrer un coup de genou dans les gonades. Et de prendre les jambes à mon cou.

Vous ne vous imaginez même pas la montée d’adrénaline dans le corps…

J’aurais cru que ça n’existait que dans les films.

8 mars 2009

Hier après-midi, à Gibert Joseph à l’étage des livres de poche, j’aperçois 2 racailles d’une quinzaine d’années. Ils cherchent un livre dont ils connaissent le titre mais pas le nom de l’auteur. Passent un coup de fil.

“Ouais allô euh, dis c’est qui qu’a écrit L’Ecole Des Femmes?”

Déjà.

Première claque.

Ils raccrochent, “Ouais c’est Molière il dit”. De là le début des investigations pour trouver ledit bouquin.

“Merde ça s’écrit comment déjà Molière?”

Deuxième claque.

Jamais deux sans trois, ils cherchaient au rayon littérature française… C’est déjà pas mal, quand j’y repense… Mais je n’ai pas pu m’empêcher de leur conseiller d’aller fouiner du côté du théâtre.

Au moins ça m’aura fait rencontrer une madame sympathique, avec qui on a échangé quelques rires et mots…

Ce qui aurait pu être une minute de violence gratuite…

1 mars 2009

yellow3Il y a des jours comme ça, où tu es déçu par beaucoup de gens… Des jugements hâtifs, un comportement de con, une bose dose d’irrespect.. Trop peu de reconnaissance, pas assez de présence aussi… T’étais la bonne pomme au milieu du panier, la p’tite fille autonome chez les égarés… Je me tais parce que j’irai pas cracher mon venin ici. J’irai pas le cracher tout court d’ailleurs. Quand les pommes pourries te font des reproches, ton coeur de pomme se durcit et devient une roche… Me taire… Passer toutes ces choses qui me foutent dans une rogne pas possible… Une porte qui se ferme. à double tour. Je dirai rien, mais qu’on n’aille pas croire que c’est oublié.

Allez mon vieux Jean-Louis, sers m’en donc une dernière, je m’sens un peu aigri, pour tout t’dire, j’suis amer…

Alors Ponek je te remercierai jamais assez pour ce message… Tu t’en rends pas compte mais tu as éclairé ma journée, là… Et dieu sait qu’elle avait besoin d’un peu de lumière.

Ce monde, je n’en fais pas partie.

19 janvier 2009

combatordinaire1Prise de conscience ces dernières semaines, un ras-le-bol général des cours depuis quelques mois, s’avouer enfin qu’on n’aime pas les études qu’on fait…

Se demander ce qu’on fout dans le cursus où on est, avec précisément ces gens qu’on a toujours soignement évité. Se rappeler que non, on ne fait pas partie du même monde. Au lycée, c’était les chaussures bateau, les scouts d’Europe et royalistes de surcroît, ici c’est le monde des podiums, des Iphone, des carrés Hermès et des fréquentations de salles de sport Movida et autres. Ici ou là-bas, toujours la même hypocrisie. En première j’avais poussé une gueulante contre les bourgeois de ma classe qui soi-disant prônaient le Front Populaire (entre autres). Il y a un an je portais mon keffieh tous les jours pour rappeler que je n’étais pas comme eux. Maintenant je n’ai pas besoin de ça. Je ne sais peut-être pas qui je suis (clin d’oeil au pays à la monnaie basse) mais je sais ce que je ne suis pas. Alors retour aux sources, Zola sur mon piédestal et fierté de mes origines prolétaires.

 

Ne pas renier ce que j’ai toujours été.

Ne pas renier non plus ce que je suis devenue.

 

“Comment vous dire qu’ici c’est trop étroit?”

Alors oui je continue mon année, je veux mon diplôme et je cracherais pas sur Tech de Co (ou du moins plus modérément après réflexion) parce que ces deux années m’ont permis de m’apprendre une foule de choses et rencontrer certaines personnes que je n’oublierai pas (les vraies, comme Jacques M, Loriane, Lara, Maha, Thomas et d’autres, les faux comme Bruno M et Robbie). Mais l’année prochaine je compte revenir à ce qui me tient à coeur depuis toujours, faire ce que je veux vraiment et réaliser ce vieux rêve. Et les recherches ont déjà commencé.