Mercredi, je devais rejoindre Lulu pour faire des photos dans le centre-ville. Au niveau des escalators, un homme d’une quarantaine d’années me fait un sourire, désigne mon sac et me dit : “Vous faites de la photo? J’ai reconnu l’étui.” Un acquiescement plus tard, il me précise que lui aussi fait de la photo, mais qu’à Toulouse, même avec le meilleur matériel, le plus grand professionnel ne ferait que de la merde. Que cette ville est pourrie de toute manière. Que lui, il a fait le tour du monde, il parle cinq langues et que quand il était allé ici il croyait que c’était le Las Vegas français, mais que non, du tout, Toulouse c’est de la merde, que je ne peux pas le voir parce que j’ai la naïveté des gens de 20 ans, que les gens sont malpolis, que lui, s’il me permet l’expression un peu osée, il leur pisse à l’arrêt. Autres joyeusetés plus tard, il me demande dans quelle école de photographie je suis. Peu portée sur ce genre de choses (et même si je l’étais, le porte-monnaie ne serait pas à la hauteur donc bon hein…), je lui réponds que je fais de la photo en autodidacte. Alors vous faites quoi comme études, me dit-il. Commerce. ”Ah mais je connais les grandes écoles de Toulouse, Supaero, etc…
Je l’ai laissé parler. Oui, quand on connaît ma grande gueule, ça fait hausser les sourcils mais si je me lançais sur le sujet on allait droit au débat stérile de deux heures…
En dix minutes et cinq phrases, ce charmant monsieur m’a exposé les grandes lignes de sa vie. A satisfait son orgueil en énumérant ses domaines de compétences, les pays qu’il avait visités et les relations qu’il avait. En un minimum de phrases, il a résumé le maximum de son univers.
Monsieur, j’espère ne jamais tenir un discours similaire au vôtre. Une personne me semble bien plus intéressante quand elle ne se dévoile pas entièrement à la première entrevue. Monsieur, j’espère ne jamais avoir votre vision des gens et du monde. Quel intérêt a votre vie alors? Monsieur, j’espère ne jamais poser le même regard blasé sur le monde, de celui qui a tout vu, tout fait et tout vécu et qui ne prête plus attention à rien. Je préfère mille fois mon “regard naïf des gens de 20 ans” au vôtre et m’émerveiller d’un rien, m’intéresser à plein de choses et avoir tous les jours un regard nouveau sur les choses.
Je vous poserai juste une question : quel goût a vôtre vie?

Il y a des jours comme ça, où tu es déçu par beaucoup de gens… Des jugements hâtifs, un comportement de con, une bose dose d’irrespect.. Trop peu de reconnaissance, pas assez de présence aussi… T’étais la bonne pomme au milieu du panier, la p’tite fille autonome chez les égarés… Je me tais parce que j’irai pas cracher mon venin ici. J’irai pas le cracher tout court d’ailleurs. Quand les pommes pourries te font des reproches, ton coeur de pomme se durcit et devient une roche… Me taire… Passer toutes ces choses qui me foutent dans une rogne pas possible… Une porte qui se ferme. à double tour. Je dirai rien, mais qu’on n’aille pas croire que c’est oublié.
Prise de conscience ces dernières semaines, un ras-le-bol général des cours depuis quelques mois, s’avouer enfin qu’on n’aime pas les études qu’on fait…