Archives pour décembre 2008

Nouvelles du front…

25 décembre 2008

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Mais allez neige tombe comme avant ! Éclaire-moi…
Envoie-moi tes flacons d’éclairs tendres
Tombe sur moi, avalanche avale-moi

Dionysos, ‘Neige

En tout cas joyeux Noël à tous…

ps : Toulouse la belle, tu me manques…

L’amour et le chauffeur de taxi

11 décembre 2008

L’autre jour, je me trouvais à New York avec un ami. En sortant du taxi, mon ami dit au chaufeur : “merci pour la course. Vous vous êtes vraiment bien débrouillé dans la circulation.”

Le chauffeur de taxi parut surpris quelques instants, puis répliqua : “Vous allez bien, vous?”

- Mais oui, je suis sérieux. J’admire vraiment la façon dont vous vous en sortez.

- Ah bon! dit le chauffeur, et il s’en alla.

- Qu’est-ce que tout cela veut dire? demandai-je

- J’essaie de ramener un peu d’amour dans New York, répondit mon ami. Je suis persuadé que c’est la seule chose qui puisse sauver la ville.

- Comment un seul homme peut-il sauver New York?

- Ce n’est pas l’affaire d’un seul homme. Je pense que j’ai éclairé la journée du chauffeur de taxi. Imagine qu’il fasse une vingtaine de courses aujourd’hui. Il va se montrer aimable avec les 20 personnes qu’il va transporter, parce qu’on s’est montré aimable avec lui. Ces personnes, à leur tour, vont se montrer aimables avec leurs employés, leur personnel, les serveurs ou même leur famille. Cette bonne volonté va toucher éventuellement mille personnes. Ce n’est pas si mal après tout.

- Mais cela dépend bien sûr de la bonne volonté du chauffeur de taxi.

- Pas nécessairement, répondit mon ami. Je sais très bien que le système n’est pas infaillible. Je peux avoir affaire à dix personnes différentes aujourd’hui et, sur ces dix personnes, je peux en rendre trois heureuses, donc pouvoir en influencer indirectement trois mille autres.

- Sur le papier, cela paraît bien, admis-je. Mais je ne suis pas certain que cela se passe ainsi dans la réalité.

- Cela ne coûte rien d’essayer. Je n’ai pas perdu beaucoup de temps à dire à cet homme qu’il faisait un bon travail. Et il n’a pas reçu un plus gros ou un plus petit pourboire pour autant. Et même si cela était tombé dans l’oreille d’un sourd? Demain il se présentera bien un autre chauffeur de taxi que je pourrai essayer de rendre heureux.

- Tu es plutôt spécial, ajoutai-je.

- Cela montre bien à quel point tu es devenu cynique. J’ai bien étudié la question. Ce qui semble manquer le plus chez nos employés des postes, à part bien sûr l’argent, c’est que personne ne prend le temps de leur dire qu’ils font du bon travail.

- Mais il ne font pas un bon travail.

- Ils ne font pas un bon travail parce qu’ils ont l’impression que personne ne se soucie de ce qu’ils font. Pourquoi ne leur glisserait-on pas un mot gentil de temps à autre?

Nous passions devant un chantier de construction où cinq ouvriers étaient en train de casser la croûte. Mon ami s’arrêta. “C’est un travail fantastique que vous êtes en train de faire. ça doit être dangereux et difficile.”

Les cinq hommes regardèrent mon ami avec méfiance.

“Quand le chantier va-t-il être terminé?”

- en juin, répondit l’un d’eux en grommelant.

-Ah! C’est vraiment très impressionnant. Vous devez tous être très fiers.

Nous nous éloignâmes et je dis à mon ami : “je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi depuis l’homme de la Mancha.”

-Losque ces hommes auront assimilé les paroles que je viens de leur dire, ils vont se sentir mieux. La ville va, d’une certaine façon, bénéficier de leur état d’âme.

- Mais tu ne peux pas faire cela tout seul! ajoutai-je. Tu es vraiment seul.

- Le principal, c’est de ne pas se décourager. Ce n’est pas facile de rendre les habitants d’une ville à nouveau aimables, mais je peux entraîner d’autres personnes à ma suite…

- Tu viens juste de faire un clin d’oeil à une femme tout à fait ordinaire, lui dis-je.

- Je sais, répondit-il. Et si elle est enseignante, toute sa classe va pouvoir passer une merveilleuse journée.

Art Buchwald.

Lettre au père Nowel

2 décembre 2008

 garfield

Cher père Nowel,

Comment tu vas, d’abord? Oui, je me rends compte que dans mes lettres, je ne t’ai jamais demandé comment allait ta vie, les rênes en grève, tes problèmes de couple avec la mère Nowel, les problèmes de logistique avec les cadeaux, toussa toussa… (bon, ça me pardonne pas vraiment mais c’est l’intention qui compte. Après tout c’est Nowel. Et je suis une gentille fille. ET, par voie de conséquence, j’aurai des cadeaux. Enfin je t’aiguillonne un peu, hein, va pas croire que je t’écris pour des cadeaux non plus…)

En fait je sais pas, j’ai pensé aux Nowel de quand j’étais môme, à Amiens quand on descendait avec mon frère les escaliers sombres super raides avec la porte vitrée où on discernait les mille couleurs des guirlandes électriques qui clignotaient… Et quand on tirait sur la poignée pour voir le petit sapin en plastique avec les jouets emballés dans du papier cadeau, avec les grands-parents et les parents tous réjouis devant nos airs émerveillés… Je me suis rappelé aussi ceux passés au Causse, avec l’immense genévrier qui faisait office de sapin, toute la tribu réunie, l’énorme pile de cadeaux de toutes les couleurs avec nos  prénoms marqués pour éviter les disputes… Le seul moment de l’année où on trouve les hommes dans la cuisine pour s’occuper des huîtres, autour de la table ronde… Le fois gras, les dizaines de plats tous aussi bons les uns que les autres, la neige dehors et les chiennes qui entrent pour tout dégueulasser, les manoeuvres pour leur glisser un bout de viande sans se faire remarquer par les adultes, les tiges de houx, le froid qui te brûle les doigts, toutes les couches de vêtements pour pas prendre froid, le bonhomme de neige qui restait en vie pendant quelques jours… 

Maintenant, Nowel se résume à fête commerciale avec beaucoup de sous en jeu, repas chiants, hypocrisie et autres joyeusetés. La môme que j’étais regrette toujours de trouver une simple enveloppe sur les branches au lieu d’un paquet de toutes les couleurs. Elle est écoeurée aussi par les nouvelles décorations : guirlandes rose vif avec une splendide ampoule de la même couleur au milieu dans la ville rose, on a vu mieux, hein.

Mais parfois, la magie revient quand tu fais un détour par le marché de Noël, ou quand tu vois l’émerveillement sur le visage des plus petits…

Alors merci mon vieux, merci pour tous ces Nowel dont “je garderai toujours le souvenir content”…